3 octobre 2026
Acheter à Montmartre : les points à vérifier avant l'offre
À Montmartre, le charme d'une rue ne dit rien de l'état de la copropriété. Voici ce qu'il faut regarder, dans l'ordre, avant de faire une offre.

Montmartre séduit par ses rues, ses vues et ses immeubles anciens. Ces mêmes atouts expliquent les points de vigilance : escaliers, travaux, pentes, fréquentation. Aucun ne doit décourager, tous se vérifient avant l’offre, quand la négociation reste possible.
Le marché du quartier est décrit sur la page Montmartre, les prix par rue sur la page des prix. Cet article porte sur ce que ces pages ne disent pas : ce qu’il faut regarder sur place et dans les documents.
L’immeuble : escaliers, ascenseur, diagnostics
Les immeubles anciens de la Butte ont souvent des escaliers étroits et rarement un ascenseur. Montez à pied, chargé, et demandez-vous si le trajet vous convient dans dix ans.
Si l’immeuble a un ascenseur, demandez le rapport du dernier contrôle technique, qui doit être refait tous les cinq ans, et le contrat d’entretien. S’il n’en a pas, ne comptez pas sur un ascenseur à venir : l’installer suppose une décision de l’assemblée générale, de la place et un financement.
L’âge de l’immeuble se lit aussi dans les diagnostics de l’avant-contrat : plomb pour les immeubles d’avant 1949, amiante pour les permis délivrés avant juillet 1997, état termites obligatoire dans tout Paris. Sous les toits, la surface Carrez ne compte pas les parties de moins de 1,80 m de hauteur : la surface au sol peut dépasser la surface vendue.
La copropriété : procès-verbaux, travaux, fonds de travaux
Les documents de copropriété disent ce que vous paierez après l’achat. Le vendeur doit vous les remettre au plus tard à la signature de l’avant-contrat (article L721-2 du code de la construction et de l’habitation). Il s’agit des procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, du carnet d’entretien, de la fiche synthétique et des informations financières. Demandez-les avant l’offre. Cherchez-y les travaux votés, leur échéancier, les procédures en cours et le montant du fonds de travaux.
Les appels de fonds pour travaux hors budget sont dus par celui qui est copropriétaire au moment où ils deviennent exigibles (article 6-2 du décret du 17 mars 1967) : ceux qui tombent après l’acte sont pour vous. Les sommes versées au fonds de travaux restent attachées au lot et ne sont pas remboursées au vendeur (article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965), ce qui se discute dans le prix.
Demandez aussi le plan pluriannuel de travaux. Depuis 2023, 2024 ou 2025 selon leur taille, les copropriétés de plus de quinze ans doivent en élaborer un projet, qui programme les travaux à prévoir sur dix ans.
Le ravalement
À Paris, les façades doivent être ravalées au moins tous les dix ans, sur injonction de l’autorité municipale (article L126-2 du code de la construction et de l’habitation). Dans une copropriété, la dépense est votée en assemblée générale puis répartie entre les copropriétaires. Cherchez dans les procès-verbaux la date du dernier ravalement : un ravalement récent est une dépense en moins, un ravalement ancien annonce une dépense à venir.
Aux abords d’un monument historique (dans son périmètre délimité ou, à défaut, à moins de 500 mètres et dans son champ de visibilité) ou dans un site patrimonial remarquable, l’architecte des Bâtiments de France donne son accord sur les travaux soumis à autorisation d’urbanisme, ce qui peut jouer sur le calendrier et le coût. Demandez au syndic si l’immeuble est concerné.
Exposition et vues
Visitez à deux heures différentes de la journée. Une vue dégagée est un atout, mais elle n’est pas un droit : sauf servitude inscrite dans l’acte, rien n’interdit en principe à un voisin de construire dans les limites du plan local d’urbanisme. Le PLU bioclimatique de Paris, approuvé le 20 novembre 2024, fixe sur ses plans la hauteur maximale des constructions. La notice de renseignements d’urbanisme d’une adresse se télécharge sur le site des règles d’urbanisme de la Ville de Paris.
Sur une pente, le niveau d’un rez-de-chaussée peut différer entre la rue et la cour. Vérifiez l’étage réel du lot et le niveau d’accès.
Pentes et accès
La Butte se monte. Testez le trajet depuis la station de métro, chargé, puis par temps de pluie. Certaines voies sont des escaliers et aucun véhicule n’y passe : pour un déménagement ou une livraison, vérifiez qu’un camion peut approcher l’immeuble et qu’un meuble passe dans l’escalier. À Paris, un déménagement qui occupe la voie publique fait l’objet d’une demande préalable auprès de la Ville.
Les rues très fréquentées
Les abords du Sacré-Cœur et de la place du Tertre sont des lieux de visite. Le bruit, les groupes et les terrasses ne se jugent pas un mardi à dix heures. Passez un samedi après-midi, puis un soir, et écoutez la rue. La fréquentation pèse différemment selon l’usage : résidence principale, pied-à-terre ou investissement.
Location meublée touristique et règlement de copropriété
Si vous comptez louer en courte durée, trois vérifications s’imposent avant l’offre.
La règle de la Ville d’abord. À Paris, tout meublé de tourisme doit être déclaré et porter un numéro d’enregistrement. Depuis le 1er janvier 2025, une résidence principale ne peut être louée en meublé de tourisme que 90 jours par an. Tout autre logement exige une autorisation de changement d’usage, que la Ville subordonne à une compensation (transformation de locaux non résidentiels en logements).
Le règlement de copropriété ensuite. Depuis la loi du 19 novembre 2024, une assemblée générale peut interdire la location en meublé de tourisme des logements qui ne sont pas des résidences principales. Elle vote à la majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. La règle ne joue que dans les copropriétés dont le règlement interdit déjà toute activité commerciale dans les lots qui n’y sont pas destinés, et l’interdiction peut être levée à la même majorité. Le Conseil constitutionnel a jugé cette règle conforme à la Constitution le 19 mars 2026 (décision n° 2025-1186 QPC).
Les procès-verbaux enfin : une interdiction peut avoir été votée, ou être à l’ordre du jour.
Questions fréquentes
Un dernier étage sans ascenseur est-il un mauvais achat ?
Pas en soi. Il correspond à certains acquéreurs, pas à d’autres. Comparez la vue et la lumière à l’effort quotidien, vérifiez la surface Carrez, qui exclut les parties sous 1,80 m, et cherchez dans les procès-verbaux si un ascenseur est envisagé.
Faut-il éviter les rues touristiques ?
Pas forcément, mais il faut les tester. Visitez à plusieurs moments de la semaine, fenêtres ouvertes si le vendeur le permet, et comparez avec une rue voisine plus calme. Le bon choix dépend de votre usage du logement.
Le sous-sol de la Butte pose-t-il un risque ?
C’est un point à vérifier, comme les autres. La Butte a été exploitée pour son gypse, à ciel ouvert et en souterrain. La Ville de Paris suit les anciennes carrières par son Inspection générale des carrières, qui prévient aussi les risques liés à la dissolution du gypse. L’état des risques joint à l’avant-contrat indique si l’adresse est concernée par un plan de prévention des risques. Lisez-le, et posez la question au notaire si un point reste flou.
Que lire en priorité dans les procès-verbaux ?
Les travaux votés et leur échéancier, la date du dernier ravalement, les décisions sur l’ascenseur, les procédures en cours et l’état du fonds de travaux. Ces points fixent ce que vous paierez après l’achat.
Si vous cherchez à acheter à Montmartre, écrivez-nous ou découvrez notre agence à Montmartre.
Sources : Légifrance, article L721-2 du code de la construction et de l’habitation ; Légifrance, article 6-2 du décret du 17 mars 1967 ; Légifrance, article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965 ; ANIL, DPE collectif, DTG et plan pluriannuel de travaux ; ANIL, ascenseurs : sécurité, entretien, contrôle technique ; Légifrance, ravalement des immeubles, article L126-2 du code de la construction et de l’habitation ; ministère de la Culture, travaux en abords de monuments historiques et en sites patrimoniaux remarquables ; Ville de Paris, plan local d’urbanisme bioclimatique ; Ville de Paris, notice des déménagements parisiens ; Ville de Paris, meublés touristiques limités à 90 jours ; Ville de Paris, règlement municipal sur les changements d’usage ; Légifrance, loi du 19 novembre 2024 sur les meublés de tourisme ; Conseil constitutionnel, décision n° 2025-1186 QPC du 19 mars 2026 ; Ville de Paris, square Louise Michel ; Ville de Paris, Inspection générale des carrières, anciennes carrières et dissolution du gypse ; Ville de Paris, Inspection générale des carrières, rapport d’activité 2024 pour Paris ; Géorisques, information des acquéreurs et des locataires.
Article rédigé par Samy Santamarina, fondateur de Trudaines. Faire estimer mon bien.
acheter à Montmartre · copropriété Montmartre · ravalement · location meublée touristique


